Mail 12 22/08/99 14:11 - Lu mourent

Un jour, alors que j'étais en train de rire, quelqu'un me dit : « L'humour, c'est le malheur des autres »

Ce n'est pas aussi simple.

Si je vous dis que l'humour naquit aussi au café du coin. Vous me croiriez ? Eh bien si. L'humour naquit au moment précis où l'internaute prit conscience que lorsqu'on plonge son pied dans les fesses d'un copain, ça ne fait pas aussi mal que s'il le plongeait sur ses fesses à lui.

Et aussi que lorsqu'on regarde le pied au cul du copain, on sait où il est, (le pied). Bien. Alors que lorsqu'il est n'importe où ailleurs que dans le cul de quelqu'un, il est disponible pour plonger éventuellement dans ses fesses à soi.

D'où nous pouvons déduire 2 lois :

  1. L'humour nécessite le malheur des autres.
  2. L'humour nécessite la sécurité de l'humoriste.

Ces deux éléments déclenchent le rire. Tout le reste est accessoire. Je parle bien sûr du rire sain, celui qui vaut un beefsteak non anglais.

Je sais qu'il existe un autre humour, qui prétend rire de ses propres malheurs. Je suis formel : ce simulacre d'humour ne saurait provoquer qu'un rire forcé. On a quelquefois vu des condamnés à mort rire sur l'échafaud. On n'a jamais vu rire un archevêque recevant un seau de peinture verte sur la tête.

Pourquoi ? Parce que le condamné à mort a eu tout le temps de se préparer à faire le malin pour épater la galerie. L'archevêque a été cueilli par surprise. Faites cette expérience simple : placez un seau de peinture verte sur le sommet de la guillotine et arrangez-vous pour qu'il se renverse sur la tête du condamné hilare un peu avant que ne tombe le couteau. Il cessera de rire aussitôt, moi je vous le dis.

J'ai connu un barde qui racontait avec un rare talent des histoires drôles, mais alors là, vraiment drôles. Eh bien ! Presque jamais personne n'a ri à une de ses histoires. Ce cas ayant éveillé mon intérêt scientifique, je consacrai plusieurs mois à étudier mon bon homme (remarquez la contraction future) ne le quittant à aucun moment fut-ce pour satisfaire mes besoins naturels de jus d'abricot et pas davantage pour satisfaire mes besoins contre nature.

A l'heure actuel, ce cas m'apparaît toujours comme un profond mystère. Cet homme, instit de son état, racontait ses histoires à ses élèves tandis que ceux-ci se livraient à la feuille blanche d'une interro.

Je vous assure que c'étaient de bonnes histoires. Moi en tous cas, je me tordais.

D'ou je tirerai cette conclusion : le sens de l'humour n'est pas donné à tout le monde.

Au fait JMG tu étais quoi avant ton départ à la retraite ?

Emmanuelle dite Manue    Manue@antisocial.com
L'Obscur Web :     http://www.citeweb.net/obscur


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