Mail 05 11/08/99 13:10 - La préhistoire des mails

Un jour, au café du coin, un vieil internaute me raconta, sous l'effet d'une boisson de Tam, les débuts du net quand j'étais encore une pure et belle jeune fille. L'internaute s'ennuyait de grognemagnon, n'ayant rien à faire. Pour se distraire, il se mit à tailler des mails. Il y eu différentes périodes. On distingue l'âge du mail taillé. l'âge du mail poli, l'âge du mail sucé, l'âge du mail en bronze, l'âge du mail ... euhh, arrêtons-nous là un instant...

L'âge du mail de bronze est ainsi nommé parce que les mails furent coulés en bronze avec des bidulesgold. Le bronze représentait un immense progrès pour beaucoup d'applications. Par exemple pour bourrer les verres des listes comme le café du coin. Mais il laissait néanmoins à désirer sous bien des rapports. On sentait que ce n'était pas encore cela. Quand on envoyait un mail avec un cheval, on allait d'abord chez le maréchal bronzant, il était temps qu'arrivât le mail de fer et justement, il arriva !

Avec le mail de fer, on entre dans la période vraiment sérieuse du net. Jusque-là, c'est à peine si on peut parler de civilisation. Imaginez : on ne pouvait pas recevoir de mail en HTML. Pour spammer, on le faisait à la mimine ou certains faisaient des petits programmes dans des langages ésotériques et se faisaient passer pour des grands sorciers. Bref, tout juste du bricolage, Le mail de fer, ça coupe, ça pique, ça scie, ça gratte, ça troue, ça enfile, vi vi ! n'avez vous jamais entendu des vieux internautes parler d'une enfilade de mail, ca serre (hein Frédéric), ça arrache (expression estaminet concernant un mail : Tournée d'alcool fort), ça repasse (mail arrivant après la bataille - de l'expression se faire repasser - utiliser aussi quand Manue envoie des mails plusieurs fois avec IE5), ça bat en neige, bref avec des « ça », on peut faire des choses...

L'internaute posséda enfin des instruments efficaces qui lui avaient toujours manqués. Maintenant, il pourrait franchir un pas décisif. Il le franchit, il inventa la guerre... du Net.

Les con-pétants se mirent à con-kir. Les mères à pleurer. Les soldats du minitel rose à violer. Les femmes à rêver d'être violées (euhhh, du moins les mâles le croient...) Les beaux internautes moururent pour le web non marchand en filant à l'anglaise aux States et les belles pages sans pub crevèrent pour rien.

Evidemment les premiers con-pétants furent ceux qui avaient les premiers mails de fer. Ceux-là disaient « La guerre sur le net c'est du gâteau » La plus ancienne FAQ du grade d'infantnet connu, trouvée dans les fouilles des logs de rabamygalum-flamus, préconise : « Le mail en fer c'est dur, le ventre de la lidie c'est mou. Ne jamais se trouver du côté du ventre ».

Ceux d'en face, avec leurs mails de bronze affûtés avec la peau de Netscape 2.03 avaient dès le départ le moral sapé par les innombrables corvées d'astiquages et voilà comment Monsieur Meuble (dit M. Pub) fit l'empire des entrepôts sur le bord des bandes passantes.

Bon les gaulois (cf l'épopée des gaulois, hein Alain) étaient d'une autre trempe. D'abord le fer, l'arme absolue, ils l'avaient aussi. M.Pub qui était volontiers un peu fourbe se dit, « attend mon coco » (ou attend ma cocotte si c'était à une charmante internaute). Et il imagina une ruse abominable, il leur vendit de la virtual de plomb pour du mail de fer. Lorsque, se décidant à jeter le masque, Monsieur Pub envahit la gaule, les valeureux gaulois virent à la surprise générale leurs mails s'enrouler comme de la guimauve au lieu de découper des popspus de pub. C'est la seule explication logique au fait que nous ayons pu être battus par des marchands du temple.

Bon, le vieux internaute qui m'a raconté cela, me disait qu'il existait un café qui résistait encore et toujours à l'envahisseur grâce aux boissons de son bougnat...

Emmanuelle dite Manue    Manue@antisocial.com
L'Obscur Web :     http://www.citeweb.net/obscur


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